Un téléviseur éteint avec la télécommande continue d’absorber de l’électricité. Cette consommation, souvent baptisée « électricité fantôme », peut représenter jusqu’à 10 % de la facture annuelle dans certains foyers français. Ordinateurs, box internet et chargeurs de téléphone affichent, eux aussi, une dépense énergétique insoupçonnée lorsqu’ils restent branchés sans être utilisés.
Derrière ces watts consommés discrètement, un impact économique et environnemental non négligeable se dessine. Des gestes simples permettent pourtant de limiter ces pertes d’énergie au quotidien.
Pourquoi les appareils électriques consomment-ils encore de l’énergie une fois éteints ?
La réalité derrière la consommation cachée trouve son explication dans la façon dont sont conçus nos appareils modernes. Même arrêtés, beaucoup restent en veille, prêts à réagir au moindre signal ou à garder vos paramètres intacts. Ce fonctionnement, baptisé « veille », continue d’alimenter des composants internes : circuits électroniques, horloges, capteurs infrarouges, modules réseau.
Imaginez : un téléviseur, une box internet, un chargeur de téléphone… Tous ces équipements, branchés mais inactifs, aspirent toujours de l’électricité pour rester disponibles à tout instant. On parle alors de consommation fantôme ou consommation résiduelle, un phénomène qui touche une foule d’objets du quotidien. Même un chargeur laissé branché à vide, discret sur la prise, dissipe de l’énergie. Cette dépense, invisible à l’œil nu, finit par s’inscrire sur votre facture.
La consommation électrique d’un appareil branché mais éteint dépend de ses fonctionnalités. Une simple LED, un module wifi en sommeil, ou un affichage de l’heure suffisent à maintenir une dépense qui s’additionne dans le temps. Le choix du « toujours prêt » remplace souvent l’extinction totale, une évolution qui accompagne l’essor du numérique dans nos foyers.
Voici les situations les plus courantes où la consommation en veille s’invite sans qu’on y pense :
- Veille active des téléviseurs et ordinateurs
- Chargeurs laissés dans la prise sans appareil raccordé
- Box internet et équipements multimédias toujours opérationnels
Pour contrer ces pertes, débrancher les appareils ou investir dans des solutions adaptées s’impose. Réduire la consommation en veille, c’est aussi limiter une part invisible mais persistante de nos dépenses énergétiques.
Consommation en veille : chiffres clés et exemples concrets
Chez soi, la consommation en veille n’est pas une abstraction. D’après l’Ademe, chaque foyer français possède en moyenne une trentaine d’appareils susceptibles de consommer de l’électricité même éteints. En veille, ces équipements totalisent autour de 50 watts par ménage, ce qui équivaut à près de 10 % de la facture annuelle d’électricité.
Télévision, box internet, chaîne hi-fi, cafetière affichant l’heure… La consommation cachée saute rarement aux yeux, mais elle existe. Prenons un exemple : une box internet peut engloutir entre 150 et 300 kWh par an, même sans aucune activité, soit autant qu’un réfrigérateur économe. Un téléviseur LCD branché mais éteint tourne autour de 5 à 10 watts en continu. Les chargeurs, même sans téléphone au bout du fil, prélèvent quelques dixièmes de watt. L’ensemble pèse sur la consommation résiduelle du foyer.
| Appareil | Consommation en veille (W) | Consommation annuelle (kWh) |
|---|---|---|
| Box internet | 8 à 15 | 150 à 300 |
| Téléviseur LCD | 5 à 10 | 10 à 20 |
| Chargeur de téléphone | 0,1 à 0,5 | 1 à 2 |
La directive européenne fixe aujourd’hui un plafond de 0,5 W pour la veille sur la plupart des appareils récents. Mais dans de nombreux logements, le matériel plus ancien circule encore. Pour mesurer précisément la part de chaque appareil, un wattmètre s’avère très utile : il permet de repérer ceux qui méritent particulièrement d’être surveillés.
Les conséquences insoupçonnées de cette consommation cachée sur votre facture et l’environnement
Chaque watt prélevé silencieusement par un appareil éteint mais branché finit par alourdir la facture d’électricité. Quand on additionne tous ces petits prélèvements, la note grimpe : l’Ademe estime que la consommation cachée peut représenter jusqu’à 80 euros par an dans un foyer équipé de box, téléviseurs, chaînes hi-fi et divers petits appareils. Une dépense qui s’accumule discrètement, mois après mois.
L’impact va bien au-delà du simple coût. À l’échelle du pays, la consommation électrique en mode veille impose une demande supplémentaire à la production d’électricité, souvent assurée par des énergies non renouvelables. Chaque kilowattheure inutile augmente l’empreinte carbone collective : émissions de CO2 et pression accrue sur des ressources déjà sollicitées.
Voici ce que cette consommation cachée implique concrètement :
- Facture d’électricité : hausse progressive et difficilement identifiable
- Environnement : augmentation des émissions liées à la production d’électricité
- Ressources énergétiques : tension accrue sur les réseaux, surtout lors des pics de demande
Prêter attention à la consommation électrique des appareils branchés mais éteints, c’est agir pour son budget et pour la planète. Opter pour le label energy star, s’équiper de panneaux solaires, ou choisir des appareils économes sont autant de leviers pour alléger la facture et préserver les ressources.
Des gestes simples pour limiter la consommation en veille au quotidien
Impossible de le deviner d’un seul coup d’œil, et pourtant, les appareils en veille poursuivent leur prélèvement d’énergie. Pour contrer cette consommation silencieuse, des habitudes faciles à mettre en place peuvent réellement changer la donne.
La multiprise avec interrupteur devient rapidement le meilleur allié pour couper l’alimentation de plusieurs appareils d’un seul geste. Elle s’intègre parfaitement à l’espace TV ou au bureau, où s’accumulent de nombreux équipements. Les prises à coupure automatique offrent aussi une réponse efficace : elles interrompent le courant dès que l’appareil principal est éteint, simplifiant la démarche au quotidien.
Privilégiez les appareils équipés d’un mode basse consommation ou portant le label energy star : leur conception vise à limiter la dépense électrique résiduelle, même lorsqu’ils restent branchés. Cette attention lors de l’achat fait la différence sur la durée.
Pensez à retirer systématiquement les chargeurs de téléphone ou d’ordinateur portable des prises lorsque vous ne les utilisez plus. Ces petits objets, s’ils restent branchés, participent activement à la fameuse consommation fantôme.
Voici quelques gestes à adopter pour réduire la dépense énergétique inutile :
- Éteindre complètement grâce à un interrupteur ou une prise coupe-veille
- Surveiller régulièrement la consommation électrique avec un wattmètre
- Choisir des appareils peu gourmands en mode veille
Réduire la consommation cachée s’appuie sur une routine simple mais efficace. Prise après prise, chaque geste compte : la vigilance transforme peu à peu votre quotidien en véritable terrain d’économies d’énergie. Reste à savoir jusqu’où chacun ira dans la chasse aux watts fugitifs.


